Après trois semaines de négociations qui n’ont abouti à aucune réponse satisfaisante à sa plateforme minimale d’action (PMA), le Syndicat national des agents des impôts et des domaines (SNAID) est revenu à la charge. Entamée le 20 mars 2017, la présente grève est observée sur toute l’étendue du territoire national jusqu’au 24 mars. Les travailleurs des impôts et des domaines entendent, par-là, obtenir des propositions concrètes du gouvernement.

« L’argent existe bien dans ce pays », soutient le secrétaire général du SNAID, Nongo Grégoire Traoré. Pourtant, dans un contexte national marqué par des séries de grèves, « pour dit-on, de meilleures conditions de vie et de travail », le gouvernement a du mal à répondre aux préoccupations des travailleurs, évoquant l’absence de ressources financières. Mais pour le SNAID, c’est juste une « absence de volonté du gouvernement » car « il y a bien de l’argent au Burkina Faso ».

Cet argent dont parle le syndicat des travailleurs des impôts et des domaines peut être mobilisé à travers les restes à recouvrer par l’arrêt du pillage de l’or, des exonérations fiscales injustes, les différentes taxes, les fonds détournés sous le régime de la quatrième République. « La direction générale des impôts n’a pu recouvrer que 24 millions sur une prévision annuelle de plus d’un milliard au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties instituée en septembre 2016 » a noté le SG du SNAID, à titre d’exemple. Puis de souligner que le syndicat des travailleurs de la plus importante régie des recettes du pays est convaincu que le pays ne manque pas de ressources pour faire face aux revendications des Burkinabè.

Dénonçant la mauvaise foi des premières autorités de leur ministère, le secrétaire général du SNAID, Nongo Grégoire Traoré, confie que des centaines de milliards sont perdus dans la fraude fiscale avec la complicité de ces derniers. Citant le cas d’un fraudeur fiscal en TVA du nom de Paulin Tapsoba, le SG du SNAID témoigne : « Dans le cadre des enquêtes le concernant, rien que sur trois entreprises vérifiées, plus de trois milliards de francs CFA ont été redressés sans qu’un franc ne soit recouvré. L’intéressé qui avait été déféré à la MACO est en liberté provisoire depuis début mars 2017 alors que les agents des impôts qu’il a dénoncés comme complices croupissent toujours en prison ». Et Nongo Grégoire Traoré d’ajouter que : « on dit qu’il a la protection des hautes autorités, il nargue même les forces de sécurité qui ont fait les enquêtes ».

Et que dire des actes qui contribuent à réduire drastiquement les ressources budgétaires internes de la direction Générale des impôts. Le cas le plus récent est la disparition d’un agent de recouvrement de la Direction des moyennes entreprises du centre II, avec la somme de plus de 75 millions. Selon le SG du SNAID, « cet agent n’avait pas été nommé caissier et avait à peine deux ans de service ». Quant aux supérieurs hiérarchiques de l’agent incriminé, le directeur des moyennes entreprises, Badelson Bado, et le receveur des impôts, Younga Mamadou, maire d’une commune rurale, le syndicat martèle : « ils doivent rendre compte dans cette affaire ».

Un débat public avec Paul Kaba Thiéba ?

« A l’occasion des sorties médiatiques, il a déclaré que le SNAID ne sait pas ce qu’il dit lorsque nous soutenons que le financement du PNDES peut être mobilisé en interne » a indiqué le SG du SNAID. Pour le SNAID, Il y a de l’argent dans différents secteurs d’activité du pays que l’Etat pourrait recouvrir au lieu de passer le temps à courir après les institutions étrangères, à la cherche de financements pour le PNDES. A ce propos, « le SNAID informe le Premier ministre qu’il est disponible à tout moment pour un débat public sur les potentialités fiscales du Burkina et la stratégie de financement endogène », a laissé entendre Nongo Grégoire Traoré.

Des enfants gâtés…..

Soulignant que le ministre de la fonction publique a qualifié le présent arrêt de travail de « grève inopportune », le syndicat dit déplorer qu’en réponse à leurs préoccupations, les autorités aient procédé à des menaces et même à la répression. A en croire le SG du SNAID, cela s’est traduit par des réquisitions illégales, des déplacements dans les domiciles privés des travailleurs le week-end et la menace des responsables qui suivent le mot d’ordre de grève. Néanmoins, selon le bureau national du SNAID, la présente grève connait un large succès avec des taux de participation de 90 à 100%, sur toute l’étendue du territoire.

Et quand on traite les agents des impôts d’ « enfants gâtés », ceux-ci répondent : « Les enfants gâtés de ce pays ont des bons de carburants qui périment dans leurs poches, ils ont des frais de communications qu’ils n’arrivent pas à consommer avant la date d’expiration » a signifié Nongo Grégoire Traoré. Et le SG de renchérir : « Si nous étions des enfants gâtés, nous ne serions pas dans des bâtiments loués délabrés, des enfants gâtés qui parcourent la ville avec leurs motos, pour aller chercher l’argent chez les contribuables avec tous les risques qu’ils encourent. C’est ça qu’on appelle enfants gâtés ? » a-t-il martelé.

En rappel, les travailleurs des impôts revendiquent entre autres : une dotation suffisante en carburant pour les sorties de terrain avec des matériels roulants, des bâtiments de qualité pour l’adoption d’un plan d’investissement à court et moyen terme, l’arrêt des affectations et nominations de complaisance, de copinage et l’adoption d’un plan de carrière adéquat. Figurent également dans la plateforme minimale d’action : l’octroi d’une indemnité compensatrice de communication, l’arrêt du travail des bénévoles et contractuels, et la régularisation de leur situation administrative.

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