Les services publics de santé au Burkina Faso ont généralement des frais médicaux moins chers par rapport à ceux des cliniques privées. Cependant, l’hôpital de district de Bogodogo à Ouagadougou vient de déroger à cette règle, de façon flagrante et déroutante pour le commun des populations burkinabè, avec des tarifs qui ont subi une hausse brusque, hors de la portée de leur bourse. Une situation qui interpelle le nouveau ministre de la santé et le gouvernement car, il s’agit d’une question de santé publique.

De nombreux citoyens ont été informés du cri de cœur de l’Observatoire Communautaire sur l’Accès aux Services de Santé (OCASS) publié sous forme de déclaration dans le journal Le Pays du 30 mars 2017 avec un titre pathétique : « Hôpital du district de Bogodogo :une augmentation de 400% sur le prix des consultations ».

Ainsi, dans cet hôpital (ex-CMA du secteur 30), les consultations spécialisées qui coûtaient 2.000 FCFA sont passées à 8.000 et 10.000 FCFA en ce qui concerne les professeurs de médecine. Les consultations d’urgence qui étaient de 1.000 FCFA ont été majorées à 4.000 F pour les médecins généralistes. Face à cette surenchère, l’lOCASS a dressé un tableau métaphorique en déclarant que l’hôpital de district de Bogodogo devient ainsi l’hôpital public le plus cher, devançant même l’Hôpital Blaise Compaoré (HBC) où les consultations spécialisées sont de 5.000 FCFA et les urgences 3.000 F.

Le nouveau ministre de la santé Nicolas MEDAH, vient hériter d’une situation de crise administrative et structurelle que son prédécesseur a créée dans le système sanitaire national et dont les parties visibles de l’iceberg sont entre autres, les conflits politico-administratifs de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels Génériques (CAMEG), les ruptures de médicaments dans le cadre de la gratuité des soins pour enfants de moins de 5 ans, les retards et dysfonctionnements dans la construction et l’équipement de l’hôpital de Bogodogo censé désengorger le CHU Yalgado…

Il convient de rappeler que cet hôpital dans sa conception initiale était destiné au transfert intégral de Yalgado sur ce site suite à l’inondation du 1er septembre 2009. Mais, l’espace s’est avéré exigu et il a été opté d’en faire un second pool du CHU Yalgado, comme cela se fait à Paris et dans d’autres grandes villes du monde avec une bonne coordination de l’activité des médecins hospitalo-universitaires entre les deux structures. C’est dans cette optique que les nouveaux équipements médicaux avaient été commandés pour une juste répartition entre le CHU Yalgado et son pool de Bogodogo.

Mais l’ex ministre de la santé est venu tout chambouler selon ses humeurs pour ériger le district de Bogodogo en un hôpital plein et autonome et a confisqué tout l’équipement acquis au profit du seul hôpital de Bogodogo. Une situation qui a beaucoup irrité des médecins de Yalgado qui ont même qualifié l’acte d’un détournement assimilé de matériels au détriment du CHU Yalgado.

A présent, la surenchère des tarifs de consultation planifiée sous l’ex ministre, se présente comme un obstacle à l’accès aux soins de qualité pour une grande partie des populations de Ouagadougou et d’ailleurs. Comment se fait-il que le CHU Yalgado qui demeure l’hôpital de référence au plan national, applique des prix bas comme 1.000 F pour les consultations d’infirmiers et 2.000 FCFA pour les médecins spécialistes et des lits d’hospitalisation à partir de 500 F pour la masse et les autres hôpitaux publics n’en font pas de même ? Le CHU Yalgado regorge de toute la gamme de médecins spécialistes et de professeurs agrégés de médecine du Burkina.

Pourquoi continuer de crucifier cet hôpital capital pour les soins du grand nombre de Burkinabè en le privant de moyens nécessaires d’équipements médicaux ?
Le gouvernement est –il en train de tuer le service public de santé pour le transformer en clinique privée commerciale ?

Cette nouvelle situation de l’hôpital de district de Bogodogo interpelle le gouvernement et le nouveau ministre de la santé pour corriger les nombreuses gaffes et difficultés que l’ex ministre de la santé a entraînées dans le système sanitaire national. Cela s’avère nécessaire si le ministre de la santé Nicolas MEDAH veut réussir sa politique de décongestionnement des hôpitaux qu’il a promise suite à une question orale à l’Assemblée nationale le 31 mars 2017.

Ce décongestionnement ne saurait aboutir si le CHU Yalgado reste l’hôpital public avec des tarifs bas de consultation pendant que les autres (Bogodogo, HBC…) font une inflation. Les malades vont naturellement se ruer sur Yalgado et créer des encombrements dans les salles de soins.

Par un citoyen
Issa Fidèle Coulibaly

Photo d’illustration

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