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Théâtre-forum : Le Burkina Faso, une référence dans la sous-région

Dans le déroulement du programme officiel du 40e anniversaire de l’Atelier théâtre burkinabè (ATB), une rencontre des professionnels du théâtre s’est tenue ce samedi 23 juin 2018 à Ouagadougou. Rencontre à laquelle ont pris part le Togo, le Niger, le Bénin, le Sénégal, le Burundi, le Tchad et le Burkina Faso. Ladite rencontre a permis à ces professionnels de faire l’état des lieux du théâtre.

La rencontre entre les professionnels du théâtre, organisée dans le cadre du 40e anniversaire de l’Atelier théâtre Burkina (ATB), s’est tenue ce samedi 23 juin 2018 à Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre, faire l’état des lieux du théâtre dans les différents pays représentés. Allant dans cette dynamique, Michel-Ange Mtojibwami, représentant de la troupe Tubiyage du Burundi, a déclaré que le théâtre-forum qui, au départ, était seulement présent dans la capitale burundaise, s’est par la suite décentralisé dans toutes les provinces du pays. « Et à ce jour, l’on enregistre 178 troupes reparties dans le pays avec plusieurs représentations par an ». Selon lui, le théâtre au Burundi est en plein essor.

Dans le cas du Sénégal, le directeur du Théâtre de la rue, Papa Meissa, a indiqué que le théâtre est en léthargie, même s’il a pendant longtemps brillé à cause de « la compagnie Théâtre national Daniel-Sorano » et des auteurs renommés comme Senghor. Ce qui s’explique par le fait que « le théâtre que est devenu aujourd’hui du business au Sénégal, parce que les gens attendent qu’il y ait un marché pour monter une fausse troupe, avoir de l’argent et après disparaître, et cela tue le théâtre ».

L’autre problème du théâtre sénégalais est le manque de financement et d’acteurs, parce que, dit-il, l’Etat a abandonné ce secteur. Une démission qui est aussi vécue au Togo, mais la différence est qu’il y a plusieurs compagnies théâtrales privées qui sont dynamiques, a laissé entendre Mario Attidokpo, représentant de la troupe « Les griots noirs du Togo ». Car, explique-t-il, les compagnies privées se sont engagées à faire vivre ce secteur et elles sont dynamiques sur le terrain.

Mme Mariam Mayoumbila, représentante de la troupe du Tchadienne

Toutefois, il faut rappeler que le théâtre du Togo s’est inspiré de celui du Burkina et continue de s’en inspirer, a-t-il noté. Si l’on parle de la démission de l’Etat au Sénégal et au Togo, selon Dah Hermas, représentant du Bénin, l’Etat octroyait cinq milliards annuellement au fonds d’appui à la culture. Et cela a suscité des polémiques, parce que les compagnies et les troupes se créaient partout. « Et depuis deux ans, l’Etat a suspendu ce fonds et laissant le domaine du théâtre dans les difficultés », a-t-il fait savoir.

Pour ce qui est de l’état des lieux du théâtre au Niger, Saleh Ado Mahamat, a laissé entendre que le théâtre-forum est très récent, parce qu’il s’est également inspiré de celui du Burkina Faso. Les premières compagnies et troupes, selon lui, ont été formées au Burkina Faso avec le soutien de Prosper Kompaoré, fondateur de l’ATB. C’est donc à partir de cette expérience que le théâtre-forum a été créé et aujourd’hui, l’on compte une soixantaine de troupes présentes au Niger, a-t-il affirmé.

Une vue des participants à la rencontre des professionnels du theatre

Quant à la situation du théâtre au Tchad, Mariam Mayoumbila, représentante de la Troupe d’échanges culturels, a montré que le théâtre tchadien est en train de mourir. « Mourir, parce que le théâtre ne nourrit pas son homme et que la plupart des jeunes qui devraient faire vivre ce secteur s’orientent vers le cinéma où il y a plus d’opportunités, sans oublier le manque de formation ».
Tout en rappelant que le Burkina est une référence dans le domaine du théâtre, Mariam Mayoumbila a montré que le Tchad, comme les autres pays, y tire également ses fondements.

Perspectives

Si la plupart des troupes ont présenté le Burkina Faso comme une référence dans le domaine du théâtre, c’est parce que, d’un moment à l’autre, elles ont été en contact avec l’ATB ou le FITD, a estimé Prosper Kompaoré. Et pour cette reconnaissance, « nous nous en réjouissons d’avoir contribué à la formation des ensembles dramatiques dans la sous-région et cela au profit des populations ».

Cependant, il faut dire qu’il y a encore beaucoup de défis à relever. C’est donc pour cela qu’en termes de perspectives, le nouveau plan stratégique 2018-2022 qui a été mis place. Un plan stratégique qui permettra de mener plusieurs actions aussi bien dans le domaine de la formation, de la production, de la promotion que dans le domaine institutionnel, a-t-il annoncé.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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