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Burkina : Rosine Coulibaly « coûte 125 millions de F CFA par an »

Après le point de presse du gouvernement le mardi 5 juin 2018, la Coordination des syndicats du ministère de l’économie et des finances (CS-MEF) a donné la réplique le jeudi 7 juin 2018 en dévoilant les émoluments de la ministre de l’économie, Rosine Coulibaly/Sory. Il ressort, selon la CS-MEF, que la ministre « coûte » 125 millions de F CFA par an au budget de l’Etat, soit un salaire annuel de 102 millions de FCFA, représentant la rémunération annuelle de huit « ministres ordinaires ».

Les syndicats du ministère des finances ont dévoilé le salaire annuel de leur ministre de tutelle Rosine Coulibaly lors d’une conférence de presse ce jeudi. Il serait de 102 millions de FCFA. « C’est le comportement de Madame le ministre qui a fait que nous voulons être transparents avec le peuple », c’est l’explication donnée par Grégoire Traoré pour justifier la divulgation du salaire du ministre de l’économie et des finances.

Par ailleurs, certains mots de la ministre de l’économie Rosine Coulibaly semblent être restés au travers de la gorge de ces syndicats lorsqu’elle affirmait que « nous avons le choix de donner du champagne à quelques-uns ou de donner de l’eau potable à tout le monde ». Des mots de Thomas Sankara. « Quand on a l’audace de tenir certains propos de cet illustre personnage, il faut aussi avoir le courage de le vivre dans ses actes », a répondu la CS-MEF.

La Coordination des syndicats du ministère de l’économie et des finances (CS-MEF) n’a pas eu le même langage que le gouvernement qui avait annoncé une avancée dans les négociations. Cinq des sept points de revendications avaient trouvé des accords, avait annoncé le ministre de la Communication Remis Dandjinou. Selon la CS-MEF, « le gouvernement n’a apporté aucune réponse concrète. Il prétend avoir donné satisfaction à cinq points sur sept sans la moindre preuve ».

Cet aspect constitue un point de blocage selon la coordination. Aussi, dit-elle, « la répression policière, les coupures abusives de salaire, l’interdiction d’accès aux lieux de services, l’interdiction de sit-in », constituent d’autres points de blocage. Pour Grégoire Traoré, « sans faire la moindre concession, le gouvernement a botté en touche toutes les médiations entreprises » par l’Assemblée nationale, le collège des conseillers techniques et chargés de missions du MINEFID et le Médiateur du Faso.

Au cours de cette conférence de presse, envers leur ministre, les mots de la CS-MEF n’ont pas été tendres. « Comment peut-on comprendre qu’un ministre traite ses collaborateurs de terroristes par ces temps qui courent ? », s’interroge Grégoire Traoré. Pour ce dernier, « dans un Etat de droit, le ministre Coulibaly qui se trouve désaxée et sans repère devrait rendre le tablier sans hésitation ».

La CS-MEF se dit prête pour le dialogue. « Pour nous, indique Grégoire Traoré, on va trouver des solutions. Avec ou sans elle, nous avons espoir que des solutions seront trouvées ». Pour l’heure, les syndicats maintiennent leur mot d’ordre de grève.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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